Conseil municipal du 4 avril 2019 : intervention d’Honoré PUIL concernant la Palestine
avril 1, 2019
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Madame la Maire, mes chers collègues,

La Palestine s’invite au sein du conseil ce soir notamment à travers une délibération que nous aborderons plus tard, concernant une première affectation de crédit au Réseau de Coopération décentralisée en Palestine à Jérusalem-Est, que nous voterons par ailleurs.

Le conflit israélo-palestinien n’a jamais cessé de mobiliser la communauté internationale. « Parrains » du processus de paix, soutiens arabes aux Palestiniens, alliés occidentaux des Israéliens, États lointains mais solidaires d’une nation palestinienne opprimée en laquelle ils se reconnaissent… ce dossier aux multiples ramifications — juridiques, diplomatiques, politiques, humanitaires. — ne laisse presque personne indifférent.

Depuis plusieurs années, les relations entre Israéliens et Palestiniens sont placées sous le sceau de la confrontation. L’antagonisme a tourné à l’avantage des premiers, vainqueurs de plusieurs affrontements militaires.

Pour les Palestiniens, et malgré une résistance opiniâtre, l’histoire contemporaine se confond avec une longue liste de revers et de droits bafoués.

En effet la politique Israélienne sur la Palestine a pris tous les caractères de l’apartheid. La colonisation expansive tient la population en dessous du minimum vital. En toute impunité.

Le mur s’ajoute des colonies qui mitent la Cisjordanie, et contribue à la fragmentation méthodique du territoire palestinien. Si la construction du Mur, lancée en 2002, a parfois été envisagée comme la création d’une frontière, la poursuite de la colonisation et les redéploiements de l’armée des deux côtés du mur ont au contraire renforcé l’imbrication des espaces israéliens et palestiniens en Cisjordanie. De fait, compte tenu de son unilatéralité, il s’agit principalement d’un équipement supposé destiné à contenir la « menace » palestinienne pour tranquilliser les Israéliens, en dépit de son manque de succès à empêcher à lui seul les attentats et attaques terroristes.

La colonisation israélienne de la Palestine s’est poursuivie sans interruption et s’est même accélérée depuis les années 2000. Les résolutions de l’ONU, les accords d’Oslo et le« processus de paix » n’y ont rien changé. Les checkpoints de l’armée israélienne et les colonies continuent de morceler la Palestine, qui dans les faits est une immense prison à ciel ouvert. Ni la bande de Gaza, ni la Cisjordanie ne possèdent de port de gros tonnage ou d’aéroport. Elles doivent passer par Israël pour exporter tout ce qu’elles produisent.

Des millions de palestiniens dans les territoires sont humiliés, opprimés et privés de leurs droits. Leur dignité humaine et nationale est bafouée, leurs biens confisqués. Environ un tiers de la Cisjordanie a été spolié par Israël, et malheureusement ce n’est pas fini.

De cette tragédie, les Palestiniens sont divisés et muselés.  D’un côté, les islamistes du Hamas, au pouvoir à Gaza qui pratiquent des détentions arbitraires ou encore l’usage excessif de la force contre des rassemblements pacifiques et de l’autre, les laïcs du Fatah. A elle seule, cette situation condamne les Palestiniens à l’impuissance puisqu’elle disperse leurs forces et les empêche de négocier quoi que ce soit.

Derrière ce douloureux constat se dessine l’impossibilité d’en tirer pour l’Union européenne des conséquences pratiques. Les divisions profondes entre Etats membres au sujet du conflit, et du degré de sévérité à adopter vis-à-vis de B.NETANYAHOU, obligent à négocier le plus petit dénominateur commun.

Dès lors, l’Union Européenne s’accroche au langage d’Oslo, du nom des accords de paix de 1993, qui n’ont pourtant pas conduit comme prévu à l’émergence d’un État palestinien.

Nous appelons de nos vœux, à des initiatives diplomatiques, politiques de l’Union Européenne, de la France pour ne pas laisser bafouer le droit international dans l’intérêt et la souveraineté des peuples. Il est nécessaire que notre Président de la République reconnaisse par exemple la solution à deux États et donc la reconnaissance de la l’État de Palestine, seule à même d’apporter une résolution durable du conflit.

Je terminerai par ces mots de Dominique de Villepin : »Nous n’avons pas le droit de nous résigner à la guerre perpétuelle. Parce qu’elle continuera de contaminer toute la région. Parce que son poison ne cessera de briser l’espoir même d’un ordre mondial. Une seule injustice tolérée suffit à remettre en cause l’idée même de la justice.  »

Honoré PUIL