Conseil municipal du 9 décembre 2019 : intervention d’Honoré Puil concernant la précarité étudiante
décembre 9, 2019
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Madame la maire, Cher(es) collègues,

La précarité extrême, de nombreux étudiants la vive en France selon un rapport de l’INSEE 20 % des étudiant vivent sous le seuil de pauvreté, c’est à dire moins de 987 euros par mois (moins de 60 % du niveau de vie médian), l’insécurité qui en résulte peut-être plus ou moins étendue et avoir des conséquences plus ou moins graves et définitives. Une situation qui pousse parfois à des actes désespérés, comme cette tragédie qui a touché cet étudiant de 22 ans qui s’est immolé devant le siège du CROUS à Lyon.

Tout cela a été mis en évidence récemment par l’OVE ( Observatoire de la vie étudiante) :Un étudiant sur six renonce à des soins pour des raisons financières , ces situations précaires conduisent 46 % des étudiants à travailler pendant l’année scolaire parmi eux, 54,4 % considèrent qu’elle est indispensable, et plus le fait de travailler devient une nécessité, plus les étudiants sacrifient leurs chances de réussite. Ce double rôle social augmente le risque d’échec aux examens, ce qui amène parfois à s’enferrer dans un cercle vicieux.

S’ajoute à cela l’écrasante majorité des étudiants qui dépend financièrement de la solidarité familiale pour poursuivre leurs études. Une solidarité qui devient, de plus en plus difficile, surtout pour les étudiants d’origine modeste.

L’augmentation régulière du coût des études (+1,96 % par rapport à 2018 due pour l’essentiel à l’augmentation des loyers mais aussi des frais d’inscription – validée par le gouvernement) risque de fragiliser l’objectif affiché de démocratiser l’enseignement supérieur. Alors que la précarité chez les étudiants est en constante augmentation, le gouvernement quant à lui, a décidé de supprimer 35 millions d’euros de crédits réservés au financement de la vie étudiante et des bourses pour boucler le budget 2019, cette vision purement comptable et cynique de la politique n’ouvre aucune perspective, bien au contraire elle ne fait que cristalliser la défiance de notre jeunesse auprès de nos institutions.

Saluons toutefois, les efforts de la ville de Rennes et de Rennes Métropole, quant à leurs implications auprès de la population estudiantine, porteuses d’une politique volontariste, à l’écoute des jeunes pour tenir compte de leurs attentes : Citons quelques exemples, le logement avec un large choix de chambres universitaires. Concernant les déplacements des étudiants, notre ville dispose d’un très grand réseau de lignes de bus (n’oublions pas que les boursiers peuvent bénéficier de la tarification solidaire des transports), des vélos et bien évidemment le métro, l’accessibilité de la culture pour tous avec la carte Sortir, les nombreuses installations culturelles et sportives, notre ville offre également de nombreux festivals (Trans Musicales, Rock’n Solex, The Embellies, Mythos, I’m From Rennes et bien d’autres) et bien sûr une grande diversité d’offres de formations…L’étude menée par Audiar en partenariat avec l’université Rennes 1, l’université Rennes 2, la ville de Rennes, Rennes métropole, le CROUS et l’ARS Bretagne sur les conditions de vie et de santé des étudiants en 2017 le confirme : l’enquête montre qu’une très grande majorité des étudiants sont satisfaits de leur vie étudiante à Rennes (source Audiar : 9 sur 10 : la part d’étudiants satisfaits de leur vie à Rennes ; la part d’étudiants satisfaits de leur logement ; la part d’étudiants qui s’octroient des temps de loisirs en soirée). Sur la question de la santé ( 89 % des étudiants s’estiment être en bonne santé physique, toutefois 30 % des étudiants ont déjà renoncé à des soins médicaux), 80% des étudiants s’estiment être en bonne santé psychologique. Malheureusement 17% de la part des étudiants estiment ne pas manger à leur faim.

Avec un étudiant sur huit vivant dans la métropole, c’est tout naturellement que cette population soit au cœur de nos préoccupations.

Revenons au niveau national, si le mal-logement, le chômage ou les difficultés financières apparaissent comme les dimensions principales de la précarité étudiante en France, il nous faut impérativement apporter une réponse politique. Nous ne pouvons-nous satisfaire des conditions qui sont faites aux étudiants, à notre jeunesse ! Gage d’efficacité, la gestion de proximité cristallise désormais toutes les espérances.

« Dès la rentrée 2019, le Mouvement Radical avait proposé des mesures concrètes en faveur du logement étudiant : accélérer et amplifier le plan 60 000 logements étudiants 2022 , rendre public par l’Observatoire de la Vie étudiante, au moment des choix d’inscription des étudiants, des comparatifs du coût de la vie dans les villes, accentuer la décentralisation de la politique du logement afin de permettre aux collectivités d’apporter une réponse adaptée, revaloriser le montant des bourses pour faire face à l’augmentation du coût des études, mieux informer les étudiants sur l’existence du dispositif Visale, lancé en janvier 2016, qui dispense l’étudiant de fournir une caution personnelle pour l’obtention de son logement… Plus généralement, si nous voulons que la réussite de nos jeunes ne dépende plus de l’état de fortune de leurs parents, il nous faudra raisonner à partir du reste à charge des familles »

Honoré Puil – Président du groupe MRSL – Ville Rennes