Conseil municipal du 19 septembre 2019 : intervention d’Honoré Puil sur la question écologique
septembre 16, 2019
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Madame la Maire, Mes chers collègues,

La question écologique est au cœur des préoccupation des rennais et des rennaises en cette rentrée 2019. Voilà pourquoi depuis plusieurs années la ville de Rennes et ses majorités successives – plurielles, diverses mais presque toujours à l’unanimité – ont entrepris un travail de fond sans brouhaha et coups de mentons sur ce sujet. La ville de Rennes n’a-t-elle pas été l’une des premières grandes villes – quelquefois malgré les remarques de certains riverains – à interdire les produits phytosanitaires dans la gestion des espaces verts ? Plus récemment n’a-t-on pas adopté, ensemble et là aussi quelque soit, notre sensibilité un plan climat air énergie territorial qui constitue une nouvelle avancée en matière écologique et de transition énergétique ?

Tous les sujets doivent aujourd’hui faire l’objet d’un examen à l’aune de leurs conséquences écologiques.

Les Radicaux sont depuis longtemps sensibles aux questions écologiques. Dès la fin des années 70, nous avons intégrés à nos réflexions les conclusions du Club de Rome qui s’interrogeait déjà sur notre modèle de croissance. N’est-ce pas le  maire radical de La Rochelle qui dès la fin des années 70 a lancé la piétonisation de son centre-ville…lequel exemple  sera suivi par Edmond Hervé à Rennes ? Proposer des vélos en libre-service ? Lancé le premier en France la journée sans voiture ? N’est-ce pas ce même maire – Michel Crépeau – qui devenu premier ministre de l’environnement de François Mitterrand viendra annoncer en Bretagne l’arrêt de la centrale nucléaire de Plogoff en 1981. Depuis, nous n’avons cessé de porter ce sujet de l’écologie souvent d’ailleurs avec des écologistes de l’écologie politique (Brice Lalonde-Noël Mamère) lors de divers scrutions nationaux.

Mais l’heure n’est plus  à la recherche d’un brevet d’authenticité. Le sujet de l’écologie ne doit être l’exclusive de personne mais au contraire la chose la mieux partagée. Mais il n’est pas certain que l’instrumentalisation ou l’hystérisation entretenue sur ce dossier, par certains, soit positive.

Nous ne sommes pas de ceux qui pensons que l’écologie puisse conduire vers la récession ou vers la décroissance. Ceci posé, c’est le chemin pour réussir cette transition écologique qui est interrogé.

Il y  de notre point de vue, deux manières d’y parvenir.

La première consiste à placer la question écologique avant toute chose en oubliant  la question sociale et économique au motif de l’urgence et il y a urgence. La tentation est alors de vouloir aller vite en utilisant la contrainte, la force quelquefois (nous l’avons vu récemment ici en ville) au mépris des réalités, en laissant aussi se développer la petite musique de l’entre-soi (je pense à un sujet comme le logement)  quitte à accepter quelques grossières  contradictions.

La deuxième manière consiste à faire de l’écologie un horizon indépassable libéré de toute idéologie faisant largement confiance aux individus,  à la science et à l’innovation.

Faire confiance aux individus signifie qu’il faut miser sur la responsabilité individuelle, l’éducation, l’incitation ferme, la régulation, l’expérimentation, l’imagination des citoyens capables de  proposer des solutions nouvelles et partagées. Le rôle des élus est alors de susciter, de porter, d’appuyer, de susciter, de dégager des moyens afin que des solutions concrètes soient mises en œuvre.

Faire confiance à la science, à l’innovation et surtout à la raison. Parler d’écologie sous l’angle apocalyptique ne me semble pas non plus très constructif car facteur de tension dans la société. Il y aurait d’un côté les vertueux et les autres.  J’ai, malheureusement, le sentiment que quelquefois nous sommes hors du champ de la raison.  La question du rythme est importante mais il n’est pas possible d’agir sous forme d’oukase, sans aucune discussion avec les parties intéressées et surtout sans dire quelles sont les compensations.

De manière générale, certains  courants de pensées militent, par exemple, pour la décroissance. N’a-t-on jamais mesuré ce qu’il y a d’anti-social et de violent dans ce mot ?  Une insulte vis-à-vis des modestes de chez nous et de la terre entière ! Entre un productivisme forcené et la décroissance, il y a nous semble-t-il un chemin à emprunter, une troisième voie qui est celle de l’économie sociale,  solidaire et écologique.  Nous devons accompagner les entreprises à produire différemment. Bref, l’écologie doit aussi profiter aux entreprises si nous voulons que l’économie profite à l’écologie.

Au moment où se dessinent les projets, les programmes dans la perspective des élections municipales, il me semble que nous gagnerions partout à des débats apaisés, exigeants mais résolus sur les questions de  l’écologie.

 

Honoré PUIL

Président du groupe

Mouvement Radical