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Débat de politique générale. Intervention de Honoré Puil concernant les discriminations à l’embauche

Madame la Maire, mes chers collègues,

La direction de l’Animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), département du ministère du Travail, de l’emploi et de l’insertion français a publié, mercredi, les résultats d’une vaste étude démontrant la persistance et la généralité des discriminations à l’embauche des personnes maghrébines dans l’hexagone. Ainsi, les chercheurs de la Dares, ont révélé un bien triste constat : « à compétences égales, « les candidatures dont l’identité suggère une origine maghrébine ont 31,5 % de chances de moins d’être contactées par les recruteurs que celles portant un prénom et nom d’origine française. ».

Consciente ou involontaire, la discrimination à l’embauche est une réalité en France.

Rappelons-nous que le principe de non-discrimination est prévu par la loi, qu’il mentionne “qu’ aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement en raison notamment de son âge, de son sexe et de son origine ».

On parle de discrimination au travail dans le cas où une personne ou un groupe de personnes est défavorisée, marginalisée ou traitée moins favorablement que le reste de la population, en raison de 25 critères que la loi reconnaît notamment l’âge, le sexe, l’origine, le handicap, l’orientation sexuelle ou encore le lieu de résidence etc.

Bien que réprimée par la loi, la discrimination au sein des entreprises persiste, de nombreuses études ont conclu à l’existence de discriminations dans l’accès à l’emploi sur le marché du travail français. Elles utilisent Le testing ou aussi appelé « test de situation » qui est un moyen d’investigation destiné à déceler une situation de discrimination par rapport à un critère discriminatoire. Il s’agit là de comparer l’attitude d’un tiers à l’égard de deux personnes de même profil (niveau d’études, expériences professionnelles) mais avec une variable différente que l’on soupçonne de donner lieu à une discrimination.

Les discriminations au travail font partie de ces sujets sur lesquels la République doit se montrer intraitable.

Pourquoi ? Parce que les discriminations minent la cohésion sociale de notre pays, parce qu’elles remettent en cause le message républicain d’égalité, parce qu’elles mettent en danger notre pacte républicain.

La discrimination n’est pas seulement une injustice, elle est aussi une humiliation qui menace la valeur, l’identité même des individus. En effet, nos concitoyens sont discriminés parce qu’on leur attribue une identité négative, parfois une identité considérée comme une insulte et un stigmate. Il n’est pas nécessaire que la stigmatisation soit associée à des agressions racistes, misogynes ou homophobes pour que nos concitoyens discriminés se sentent « insultés ». Ce déni de reconnaissance se manifeste de plusieurs manières. La première consiste à effacer l’individu derrière son identité réelle ou supposée. Le second déni est évidemment lié aux stéréotypes négatifs associés à ces images identitaires, c’est le racisme, le sexisme ou l’homophobie qui se manifestent par la défiance, la gêne, la méfiance voire même l’insulte. Ces discriminations découlent largement de biais cognitifs : le goût pour l’entre-soi, mais aussi une tendance à déformer la réalité via des stéréotypes souvent moins favorables envers les personnes qui ne nous ressemblent pas.

La discrimination en entreprise peut prendre plusieurs formes et intervenir à différentes étapes de la relation de travail, à commencer par la recherche d’emploi ou simplement d’un stage. La discrimination joue de la même façon pour les stages que pour les recrutements.  Pour vous donner un exemple concret en tant qu’enseignant, je me suis retrouvé démuni face aux difficultés que pouvait rencontrer certains de mes étudiants dans leur recherche de stage, du fait de leur patronyme ou de leur supposé appartenance d’origine étrangère. Ce point n’a pas évolué depuis 20 ans et est un vrai problème.

La lutte contre les discriminations doit constituer une priorité pour notre collectivité. C’est la raison pour laquelle depuis de nombreuses années une politique volontariste a été menée de front sur notre territoire en matière de lutte contre toute forme de discrimination.

Parce que la lutte contre les discriminations représente un axe transversal du contrat de ville intercommunal, la ville de Rennes et Rennes métropole, ont défini un plan d’actions pour lutter contre toutes les formes de discrimination.

Confrontés à de plus grandes difficultés socioéconomiques, et faisant plus régulièrement l’objet de discriminations dans leur recherche d’emploi, le Plan Emploi Quartiers, a été mis en place pour les rennaises et rennais des quartiers populaires. Ce plan prolongé pour la période 2020-2026, associe une diversité d’acteurs (professionnels, entreprises, associations, habitants, experts extérieurs etc.) et de partenaires du territoire pour favoriser l’emploi et l’insertion professionnel des habitants des quartiers prioritaires.

A l’heure où les jeunes issus des quartiers prioritaires souffrent du manque d’employabilité, notre ville, les associations rennaises mènent de réels combats quant à l’inclusion sociale et professionnelle de cette jeunesse souvent mise au banc, les élus radicaux saluent d’ailleurs l’implication, le volontarisme et l’engagement de celles-ci.

Je vous remercie.

Honoré PUIL

Président du groupe Parti Radical

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