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Gens du voyage : « Le fait d’avoir été précurseur nous permet aujourd’hui de proposer une offre de services de qualité »

Honoré Puil, en qualité de Vice-président de Rennes Métropole en charge du logement, de l’habitat et des gens du voyage, est intervenu lors du colloque organisé par les associations Diférence et France Liberté Voyage.

Il a rappelé deux choses. D’une part, la nécessité de mettre fin aux dispositions discriminatoires héritées de la Loi de 1969, notamment le livraison de circulation. D’autre part, le travail mené par les services de Rennes Métropole pour améliorer constamment l’accueil des gens du voyage sur le territoire de l’agglomération.

 

Mesdames, Messieurs,

Permettez-moi de vous dire, pour commencer, que c’est pour moi un réel plaisir d’être présent, parmi vous, pour ce colloque. Il est de rigueur de remercier les organisateurs. Alors que les associations Diférence et France Liberté Voyage soient remerciées pour l’organisation de cette manifestation. Je le fais sincèrement, ce pour trois raisons.

Premièrement, parce que vous assurez la promotion de la culture des gens du voyage. C’est particulièrement louable. Je suis convaincu que montrer, expliquer, c’est le meilleur moyen de lutter les stéréotypes.

Deuxièmement, vous avez eu raison d’introduire des débats qui s’annoncent riches autour de la Loi de 1969. Nous savons tous ici le caractère discriminatoire de cette loi et la nécessité de supprimer les dispositions héritées d’un autre siècle. Je pense en particulier au livret de circulation et à la commune de rattachement.

Revenir sur la Loi de 1969 est aussi une manière de présenter la manière dont l’Etat a pu encadrer et encadre les voyageurs. C’est aussi un impératif pour sensibiliser l’opinion publique sur la nécessité d’abroger les dispositions de la Loi de 1969. Une nécessité qu’a rappelé il y a quelques jours le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Nils Muižnieks.

Nous attendons tous la promulgation d’une loi relative au statut, à l’accueil et à l’habitat des gens du voyage. Je salue au passage l’action du rapporteur de la Loi, Dominique Raimbourg, dont le travail va contribuer à lutter contre ces discriminations.

Enfin, troisième raison, je me réjouis d’un des points que vous avez mis en avant pour cette journée : le « vivre ensemble ». Certes ce vivre ensemble peut et doit être garanti par la Loi. Malheureusement, des inégalités demeurent. Des inégalités en termes de droit, vous l’évoquerez aujourd’hui.

Mais aussi des inégalités territoriales en termes d’accueil. Je le rappelle à tous fins utiles : il a fallu deux lois, les lois Besson 1 & 2. Deux lois pour inciter, puis pour obliger les communes de plus de 5000 habitants à accueillir les populations ayant des cultures différentes, des modes de vie différents.

À Rennes, ces lois n’ont pas été nécessaires. L’accueil des voyageurs est entré dans les mœurs de la collectivité depuis fort longtemps. Je suis vice-président de Rennes Métropole délégué au Logement, à l’habitat et aux gens du voyage. Si j’évoque cette délégation, c’est pour rappeler qu’à Rennes, comme d’autres collectivités, la question de l’accueil des voyageurs est intégrée de manière positive à la problématique du logement, de l’habitat, c’est-à-dire de vivre dans la Cité.

Et cela ne date pas d’aujourd’hui. Le premier terrain d’accueil a été créé en 1975. Soit quinze ans avant la première loi Besson. Autre fait révélateur, lorsque la collectivité a engagé sa réflexion sur la politique locale de l’habitat, en 1982, elle l’a fait en intégrant la problématique de l’accueil des voyageurs.

C’était précurseur et audacieux pour l’époque. Ça l’est encore !

Pour garantir ce vivre ensemble, l’accueil n’est pas suffisant. C’est sa qualité qui est primordiale. Le fait d’avoir été précurseur nous a permis d’affiner nos réponses aux besoins des usagers. Il nous a permis d’accompagner les communes environnantes, de les sensibiliser, les former et les informer sur les problématiques d’accueil.

Ce qui nous permet aujourd’hui de proposer une offre de services de qualité. Nous combinons les grands terrains qui permettent d’accueillir les grands rassemblements occasionnels avec des aires d’accueil familiales, plus réduites. Nous proposons un habitat adapté que nous faisons évoluer pour répondre au mieux aux attentes et aux besoins des usagers.

Nous avons  privilégié  la  responsabilisation  des  voyageurs, en mettant en place des règles homogènes, transparentes, équitables. Nous avons individualisé au fur et à mesure nos prestations. Ainsi, les modalités d’accueil mises en place reproduisent le plus possible celles du régime de droit commun, faisant des voyageurs des citoyens à part entière, avec leurs droits et leurs obligations.

Notre accueil se veut ouvert, tourné vers l’accès aux services : accès à l’école et à l’éducation, accès aux activités professionnelles et à l’emploi, accès à la santé. Nous sommes convaincus que garantir cet accès aux droits élémentaires, c’est la base de la citoyenneté. Aussi, l’accueil doit être pensé dans sa globalité. C’est ce que nous faisons à Rennes.

Et puis, la citoyenneté se construit dans le dialogue et dans la proximité. C’est ce que la Ville de Rennes met en œuvre en lançant aujourd’hui les Assises de la Démocratie locale à deux pas d’ici. Pour ce qui nous concerne, le dialogue avec la communauté des  voyageurs est institutionnalisé, permanent.

Nous avons mis en place des échanges et des partenariats avec l’ensemble des services de l’Etat, du département et de l’agglomération et les représentants de la communauté des  voyageurs. Par ces réunions régulières, un dialogue continu s’est instauré. Ce qui permet d’éviter les tensions et les situations de blocage, par la compréhension mutuelle.

Voici donc en quelques mots, l’action de Rennes Métropole. L’objectif, vous l’aurez compris, est pour nous d’assurer les conditions nécessaires à l’établissement d’une citoyenneté pas seulement en droit, mais aussi en acte.

Et à nouveau, je rappelle l’importance du dialogue, de la concertation, de l’échange. En ne perdant jamais de vue l’Histoire, puisque la date du 4 octobre nous rappelle le 4 octobre 1940, jour où le régime de Vichy reçu l’ordre allemand d’internement des tsiganes dans la zone Nord.

Aussi, j’espère que ces journées seront riches en débats, en échanges, en rencontres, qu’elles contribueront à mieux faire connaître la culture des voyageurs.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un bon colloque et à nouveau remercier les organisateurs de cette manifestation.

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Un commentaire

  1. Je regrette beaucoup ne ne pas avoir été informée du colloque organisé par les associations Diférence et France Liberté Voyage. Je connais Mr Anthony Dubois
    et Mr Milo Delage qui avaient eu la gentillesse d’inviter la population de Rennes
    (par un article dans la presse)à la première édition du Colloque des « GENS DU VOYAGE »
    le 1er ctobre 2013. Nous étions conviés à partager avec eux ,à la salle des fêtes de Javené le très bon repas qu’ils nous offraient. Je regrette que l’information ne soit pas venue
    jusqu’à Saint Malo, où je demeure. Ce fut une journée très chaleureuse.

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