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Politique générale : Intervention d’Honoré Puil sur la question de la maltraitance animale dans les abattoirs

Madame la Maire,

Mes chers collègues

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé Animale, le bien-être animal fait référence aux conditions de vie dans lesquelles un animal évolue. Il est important de rappeler qu’un animal a un bon niveau de bien-être s’il est en bonne santé, s’il est à son aise, s’il est bien nourri, s’il est en sécurité, s’il est capable d’exprimer ses comportements innés et s’il n’éprouve pas de souffrance, de peur et/ou de détresse. La qualité de ce bien-être peut être évaluée par plusieurs facteurs comme la prévention de la maladie, les traitements d’un vétérinaire, un abri adéquat, une nutrition saine, de même qu’une manipulation, un transport et un abattage « sans cruauté ».

Parallèlement à ceci la réglementation protégeant les animaux d’élevage est sous-tendue par la reconnaissance de leur sensibilité, c’est-à-dire de leur capacité à ressentir des émotions telles que la joie, la sérénité ou encore la peur. En France, c’est l’article L214 du code rural (codification d’une loi de 1976) qui mentionne leur caractère d’êtres sensibles. En 2015, le Code Civil reconnaît que les animaux sont des êtres doués de sensibilité mais restent cependant soumis au régime des biens.

Comme toujours la question n’est pas de créer de nouvelles lois mais simplement d’appliquer et de faire respecter celles dont nous disposons !

Rappelons-nous quand même, qu’en France, près d’un abattoir sur trois propose un niveau de protection des animaux « insuffisant ». C’était la conclusion des inspections menées dans 259 abattoirs (décision de l’ancien ministre de l’Agriculture, Stéphane LE FOLL) après la diffusion d’images choquantes sur la mise à mort d’animaux destinés à la consommation. Nous pouvions y observer avec horreur des animaux effrayés et manipulés avec brutalité sur le chemin de l’abattoir. Je n’évoque même pas les vidéos de l’association L 214 montrant des situations inacceptables de souffrance animale. Nous aimerions entendre les personnes responsables de ces actes nous expliquer en quoi leurs pratiques ne seraient pas qu’atroces souffrances gratuites et inutiles. Pourraient-ils également nous expliquer en quoi faire cela ne produirait pas la défiance croissante que connaît la filière viande aujourd’hui ? Les conditions d’élevage et d’abattage sont telles que la maltraitance animale est désormais devenue une norme non écrite. Dans 31% des cas, des anomalies ont été constatées, trois abattoirs ont d’ailleurs perdu leur agrément. Mais faut-il s’en étonner quand on connaît le retard abyssal de modernisation des abattoirs français notamment par rapport à leurs concurrents européens ? Pour reprendre les propos du Député radical Olivier FALORNI « Ces abattoirs se transforment en salles de tortures ».

Ce même député, à l’origine du projet de loi, adopté en janvier 2017 en première lecture prévoyait initialement de rendre obligatoire les caméras dans les abattoirs au 1er janvier 2018.

Nos concitoyens, Rennais et Rennaises, comme en attestent les nombreuses interpellations sur le sujet avant et pendant la discussion du projet de loi agriculture et alimentation attendaient beaucoup de ce projet de loi dont l’une des rapporteuses était Laurence Maillard-Méhaignerie, députée d’Ille-et-Vilaine.

Il y a eu quelques avancées (je pense à l’amélioration des relations commerciales producteurs/distributeurs) mais sur le reste beaucoup de reculs, des déceptions.

Rien ou si peu sur l’interdiction -sur une autre registre- du glyphosate qui reste autorisée un temps encore….mais strictement rien sur le sujet de la souffrance animale. Tous les amendements proposés ont été rejetés. Pas de caméra donc pour viser les angles morts des tueries, les poules restent encagées, les poussins broyés, les porcelets castrés à vif, les lapins enfermés sur l’équivalent d’une feuille de papier A4 !   Sur ce sujet, le ministre de l’agriculture a tout fait pour contenter le monde agricole et y est parvenu…en oubliant au passage certains engagements du président de la république ! Très clairement ce texte est une occasion manquée.

Je veux dire, aux associations locales, aux citoyens qui nous ont interpellés sur le sujet que notre formation politique, notre mouvement restera mobilisé pour faire avancer la cause animale.

Honoré PUIL

 

 

 

 

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